Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux

Aujourd’hui, dans son Discours sur la Montagne, aussitôt après les Béatitudes, Jésus nous livre tout un enseignement sur l’amour-charité, et spécialement sur l’amour des ennemis. Par deux fois le Seigneur nous dit d’aimer nos ennemis. Et, tout de suite, Il nous précise trois fois comment: «faites du bien à ceux qui vous haïssent,souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient». C’est une besogne qui semble difficile à accomplir : comment pouvons-nous aimer ceux qui ne nous aiment pas ? Pire encore, comment pouvons-nous aimer ceux qui nous maudissent ? Aimer de cette façon est un don de Dieu, mais il faut que nous soyons toujours ouverts à Lui.

Et Jésus continue à dire : « À celui qui te frappe sur une joue, présente l’autre » (Lc 6,29). Il pourrait sembler un excès de soumission. Mais, que fit Jésus lorsqu’un des gardes lui donna une gifle lors de sa Passion ? Certainement, il n’a pas contré. Au contraire, Il lui répliqua si fermement, plein de charité, qu’Il a fait réfléchir ce garde tellement exaspéré :« Si j’ai mal parlé, montre ce que j’ai dit de mal ; mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? » (Jn 18,22-23).

Dans tous les religions il y a une règle d’or :« Ne fais pas aux autres ce qui tu n’aimerais pas qu’on te fasse ». Cependant, Jésus est le seul à la formuler en positif :« Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux » (Lc 6,31). Cette règle d’or est le fondement de la morale. Ce qui caractérise la morale chrétienne, ce n’est pas « d’aimer », car toutes les morales humaines demandent cela, mais d’aimer aussi « nos ennemis ». Il s’agit d’un amour universel qui n’exclut personne. Nous savons très bien que, nous les chrétiens, nous ne sommes pas meilleurs que les autres. Pourtant Jésus nous demande d’être différents des autres et « d’aimer ceux qui ne nous aiment pas ». C’est pour cela qu’il ne faut pas que la règle d’or proposé par Jésus reste un simple souhait, mais il nous faut la transformer en faits tangibles.

Relisons tout doucement le psaume de la messe de ce jour qui devrait provoquer notre admiration et nous inviter à l’imitation de notre Dieu : « Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour : il n’agit pas envers nous selon nos fautes et ne nous rend pas selon nos offenses. »

Père José