« Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé »

  • Ce dimanche, Jésus s’en prend aux scribes et aux pharisiens, c’est-à-dire aux guides spirituels du peuple, à ceux qui sont censés donner un enseignement. Voilà qui fait écho au livre de Malachie qui accuse les prêtres d’avoir « profané son Alliance » et égaré ceux qu’ils devaient guider.
    Autant dire qu’il est de bons et de mauvais bergers… Saint Matthieu pointe les attitudes qui permettent de reconnaître les guides indignes: la discordance entre le dire et le faire, la recherche de sa propre gloire et, plus grave, le fait de lier de pesants fardeaux sur les épaules des gens. Autant dire que ceux-ci font œuvre d’asservissement là où ils ont mission de libérer. Ils se situent aux antipodes de Jésus, le maître doux et humble de cœur, dont«  le joug est facile à porter et le fardeau léger » (Mt 11, 30).
    Jésus nous met donc en garde contre un certain désir de pouvoir et de domination. C’est ce qu’il vise en disant aux disciples de ne pas se faire appeler « Père»…avec une majuscule, comme l’imposait l’empereur de Rome à tous ses sujets. Le seul véritable Père de l’humanité, c’est notre Père du Ciel !
    C’est le désir de puissance que Jésus condamne ainsi que l’hypocrisie. Jésus vise là ceux qui se targuaient d’être des « docteurs de la Loi » !
    Pour comprendre et vivre cet évangile, c’est vers le Christ que nous devons nous tourner. Nous avons en lui un merveilleux guide. Il s’est donné sur la croix pour le salut du monde. En lavant les pieds de ses disciples au soir du Jeudi Saint, il nous apprend à aimer et à nous mettre au service les uns des autres. En s’offrant à l’Eucharistie et en aimant les siens jusqu’à en mourir, il met en pratique son grand commandement : « Que le plus grand soit votre serviteur ! »
    C’est à une véritable conversion que nous sommes tous appelés. L’important c’est
    d’abandonner tout sentiment de supériorité et de nous attacher à la loi d’amour avec un cœur tendre et généreux. Ce qui nous grandit vraiment aux yeux de Dieu et de nos frères, c’est le service. Ce qui fait la valeur d’une vie, c’est l’amour que nous avons pour Dieu et pour le prochain.

Père José