« Père, glorifie ton Fils » !

Nous voilà entre Ascension et Pentecôte. Un dimanche peu ordinaire car il nous permet, dans le temps liturgique, de faire l’expérience des Apôtres qui viennent de voir Jésus s’en aller vers le ciel et qui restent dans l’attente de la venue du Défenseur promis, de l’Esprit Saint.

Dans la chambre haute, la prière est fervente, profonde, suppliante. Les Apôtres, Marie et quelques autres espèrent la venue de l’Esprit promis. Ouvrons nos cœurs au Souffle de vérité, de feu, de bienveillance. Nous pourrons ainsi manifester le Nom de Jésus aux hommes avec joie.

À chaque messe nous chantons la gloire de Dieu. Ainsi nous reconnaissons tout le « poids » de l’Amour de Dieu. Jésus, durant sa vie publique, n’a cessé de donner du « poids » à l’Amour de son Père. Et Dieu, en ressuscitant son Fils donne du « poids » à l’Amour qui n’est vrai qu’au sang versé. Alors, oui, chantons la gloire de Dieu.

Au terme de ce parcours pascal, le visage de Dieu se révèle à notre cœur dans le grand élan d’une foi toujours reçue : « Nous croyons que le Sauveur du monde est auprès de toi… Fais nous croire qu’il est encore avec nous… » (Prière d’ouverture de la messe). Entre le Père et nous il y a ce lien commun, cet amour commun : Jésus.

Jésus fait le bilan devant son Père et nous attire du même coup au cœur de leur relation. « Je suis venu de toi… je viens vers toi ». Toute sa vie, tout son mystère tiennent dans cette trajectoire lumineuse. Ce visage est celui de l’abandon, de l’amour vécu dans un partage total : « Tout ce qui est à moi est à toi, tout ce qui est à toi est à moi ». Par lui, avec lui et en lui, nous appartenons au Père. Et ce visage unique du Christ rayonne en chaque être humain. Son mystère est la clé de notre mystère.

Une petite communauté prête à recevoir l’Esprit : une communauté où prennent place quelques femmes dont Marie, « mère de Jésus ». Celle de qui le Verbe a pris chair est nommée ici, comme sont nommés les Apôtres. Elle continue d’occuper une place privilégiée dans l’œuvre de son Fils, une place à la fois discrète et unique. Et au cœur de cette petite communauté témoin « des souffrances du Christ », mûrit l’avenir de l’Église. C’est là, au cœur du silence, que demain le Souffle de Dieu fera irruption.

Père José