» Pardonner jusqu’à 490 fois ! « 

Vraiment, Jésus exagère ! Comment être clément avec celui qui, sans cesse, nous malmène et nous calomnie ?

Tournons nos regards vers le Seigneur de tendresse et de bonté. Accueillons son amour, qui est un baume sur nos plaies vives. Et puisons dans les réserves divines de pardon le courage de ne pas imiter le débiteur impitoyable, insensible à celui qui lui demande grâce.

Dès la première lecture, le Siracide prévient : la rancune et la colère sont non seulement des obstacles à la relation à l’autre mais également dans la relation à Dieu… Cette affirmation présuppose que la vie de la personne impacte sa relation, impacte sa relation à Dieu. La Bible tout entière ne cesse de tisser des liens et des concordances entre la façon d’être et la foi en Dieu. La relation au Seigneur n’est possible qu’à partir de ce qu’est l’homme dans sa vie quotidienne et la nécessité du pardon en est l’exemple.

Pour être très précis, si nous ne souhaitons pas pardonner à qui nous fait du mal, nous compromettons notre capacité à nous rapprocher de Dieu. Non pas parce que Dieu attend le pardon pour se rapprocher de nous, mais parce que notre rancœur et notre colère sont elles-mêmes des obstacles à la présence de Dieu dans notre cœur. La relation à Dieu n’est pas quelque chose en plus. Elle prend naissance dans ce que nous sommes en vérité.

La rancœur et la colère saturent le sol de notre âme et rendent difficile la présence de Dieu. Pardonner ou essayer de le faire, c’est donner de l’espace, aérer ce terrain broussailleux pour que Dieu y prenne vie. La relation à Dieu n’est jamais directe. Elle se construit, se nourrit et prend chair dans ce qu’est notre vie.

Père José