» L’heure du Fils de l’homme est aussi l’heure de notre salut. … « 

Ce cinquième et dernier dimanche de Carême prend des allures d’« heure de vérité » : nous approchons du terme de ce long itinéraire vers Pâques, et les textes de ce dimanche renforcent cette impression de moment solennel, de point de non-retour… Le « voici » du livre de Jérémie qui ouvre la liturgie de la Parole donne le ton : le Seigneur Dieu va révéler en Jésus tout son amour. Il va nous révéler le chemin de l’amour qui, par la croix, mène à la vraie vie. C’est notre propre Pâque qui nous est ainsi présentée et à laquelle il nous faut consentir, pour être de vrais disciples du Christ, et pour partager sa vie.

Saint Jean ne cherche pas à édulcorer les sentiments de Jésus ; il n’est pas question non plus de la manière dont nous devrions épouser sans mot dire la souffrance comme une fatalité inhérente à la condition chrétienne. Jésus sait qu’il va mourir et, s’il accepte l’épreuve redoutable de cette souffrance, c’est par fidélité à sa mission : c’est pour sauver les hommes qu’il est venu sur terre et qu’il offre sa vie, et c’est pour ce don total de lui-même qu’il va être glorifié.

Après avoir annoncé l’amour du Père, après en avoir donné des signes, Jésus est mis à mort mais sa résurrection sera la pleine manifestation de la gloire de son nom. Oui, il est le Fils de l’homme.

Jésus donne sa vie par amour, il va mourir pour sauver tous les hommes : grain de blé qui produit beaucoup de fruit. Ainsi, sa mort et sa Résurrection révèlent le Dieu de la vie que nous chantons à chaque messe. L’heure du Fils de l’homme est aussi l’heure de notre salut. En célébrant le mémorial de sa Passion-Résurrection, nous proclamons qu’il est pour nous « la cause du salut éternel » (deuxième lecture) et qu’il nous destine à partager sa gloire.

Acceptons-nous de le suivre jusqu’à la mort ? Acceptons-nous la croix dans nos vies ? C’est elle qui annonce la gloire.

Père José