« Jésus, posant son regard sur lui, se mit à l’aimer… »

Aujourd’hui encore, l’Écriture parle de radicalité, comme elle le faisait les dimanches précédents sur d’autres thèmes. « Va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel ; puis viens et suis-moi ». À travers cet appel, le message central du Christ pour l’homme riche, et pour nous aujourd’hui, est clair et limpide : quand nous avons de trop grands biens, ces derniers nous empêchent d’ouvrir notre cœur… Reconnaissons humblement que l’actualité de l’Évangile est prodigieusement étonnante ! En tout cas, dans nos pays occidentaux malades de surconsommation, l’entretien de Jésus avec le « jeune homme riche » résonne très justement à nos oreilles.

« Débarrasse-toi d’abord de ce qui t’encombre et tu pourras comprendre que l’amour est premier. » Mais, pour amener cet homme à entendre sa parole, « Jésus, posant son regard sur lui, se mit à l’aimer. ». Jésus le voit comme il est. Il l’aime pour sa bonté, ses efforts, son désir d’être sauvé. Il l’aime avec ses limites, sa fougue, son souhait d’absolu. Il l’aime au point de lui révéler le véritable sens de la vie. Jésus, pour notre liberté, pour notre

bonheur, nous invite donc à nous détacher du superflu pour désirer l’essentiel. Le superflu, les besoins artificiels suscités par la publicité, aliènent notre liberté de penser et d’agir. Or, le « royaume de Dieu » offre à l’homme de s’épanouir dans la liberté, dès maintenant.

Ce que Jésus propose, c’est de vivre vraiment, en désirant l’essentiel : la relation, à lui, à Dieu, aux autresUne fois de plus, il ne s’agit pas d’abord de faire de la parole de Jésus un article de loi qui nous exclurait du royaume de Dieu si nous ne l’observions pas. Il s’agit de nous laisser d’abord envahir par l’amour de Jésus. C’est seulement en étant plongés, immergés dans cet amour, que nous pourrons comprendre ses exigences. C’est ce que Jésus veut faire en venant au-dedans de nous par l’Eucharistie. Alors, il murmure en nous : « N’aie pas peur. Tout est possible à Dieu ». Le salut n’est donc pas la récompense de l’observance de la Loi, fusse-t-elle la loi de Dieu ! Le salut c’est changer la Loi en Amour par le don de sa vie. Voilà la manière véritable dont Jésus a ouvert pour nous les chemins de conversion.

Père José