Jésus passe sur l’autre rive

Jésus passe sur l’autre rive.  Il souhaite profiter d’un moment tranquille avec ses disciples et s’unir au Père dans la prière. Lui aussi avait   besoin de repos… Mais la foule l’a suivi. Son attention se porte alors sur une question pratique révélant son immense bonté : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? » Interrogés, les disciples répondent de façon mitigée.

Anticipant même sur les besoins réels des personnes qui l’entourent et sur leur manque, Jésus partage les cinq pains d’orge et en les partageant, il les multiplie. Mais le plus étonnant de ce récit réside dans les douze paniers qui demeurent une fois la foule rassasiée et les restes regroupés. Pourquoi y  a-t-il eu du surplus ce jour-là ? Tout le monde a-t-il mangé à sa faim ? La providence a-t-elle  été trop généreuse ? Une chose est sûre,  ce surplus intrigue et, à lui seul, fait signe. Le partage, quand il est fait en conscience et dans le but de prendre soin des autres, produit de l’abondance dont le surplus est le marqueur.

Ce surplus présent à la fin du partage de Jésus et le signe d’une autre réalité spirituelle. Douze est un signe de complétude. Les douze corbeilles sont donc là pour nous rassurer  sur la nature profonde de la réalité à laquelle Jésus nous initie. A ce niveau de vie, partager ne conduit pas à avoir moins ; chacun reçoit ce qu’il est en capacité d’avoir pour être comblé ; chacun est rassasié sans que les autres y perdent. Le surplus témoigne que dans  le  royaume de Dieu   nos peurs archaïques de manquer deviennent sans fondement. Du coup, une autre conception de la vie et du rapport aux autres devient possible.

Notre Dieu est le maître de l’impossible. Aucun de nos besoins ne lui est étranger. Son amour et sa grâce sont pour nous une source inépuisable de paix. Reposons-nous en lui. Le don qu’Il nous fait du pain de vie est la réponse  à notre désir de sa présence qui comble toute notre vie. Avons-nous faim de Dieu ? Telle est la véritable question.

Père José