Je suis venu apporter un feu sur la terre

Il faudrait être aveugle  pour ne pas voir la violence qui frappe le monde.  Notre victoire consiste à apporter la paix de Jésus jusque dans nos familles divisées, dans notre Église  éprouvée, dans notre société désenchantée, partout où il faut renouer avec l’espérance.

Ceci étant dit, comment comprendre dans l’évangile de ce dimanche l’étonnante déclaration  de Jésus qui dit apporter le feu et la division ? Ces paroles sont rudes, difficiles, et d’une radicalité décourageante. Pourtant, chacun le sait, Jésus n’est pas un « apôtre de la violence »,  loin s’en faut. Pour comprendre ce texte, ayons donc à l’esprit  que les images que Jésus utilise pour décrire sa mission sont d’une extrême  importance : le feu symbolise  à la fois l’Esprit, l’amour et la purification… Jésus affirme aussi qu’il doit recevoir un baptême, sa propre Passion. Enfin le glaive à deux tranchants désigne la parole de Dieu qui est « efficace et plus incisive qu’aucun glaive à deux tranchants, elle pénètre jusqu’au point de division de l’âme et de l’esprit  ( Hb 4, 12).

Jésus veut nous apporter la paix, mais le chemin vers cette paix-là n’est pas facile. Sa propre vie le démontre. Notre chemin propre vers la paix  et notre décision personnelle de suivre Jésus seront souvent  marqués de moments de lutte.  Parfois, les êtres qui nous sont  les plus chers ne nous comprendront pas, et pourront même nous rejeter.

Il se dégage de cet évangile un sentiment d’urgence en rapport avec le « jugement » de la fin des temps. Le Christ casse ici surtout les fausses paix. Ces cohésions qui  se nouent autour de faux-semblants, de consensus identitaires et défensifs à l’encontre  de ceux qui ne nous ressemblent pas et nous insécurisent. C’est donc un chemin exigeant  que le Christ nous trace en renvoyant chacun à sa solitude de sa conscience, au sanctuaire de son cœur habité par l’Esprit Saint qui est feu, lumière, onction.

Père José