«  Il a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé et je vois » Jn 9, 15

En ce quatrième dimanche de Carême,  le message de la Parole de Dieu est clair et limpide : Dieu ne regarde pas comme les hommes : Jésus n’a pas le même regard que les pharisiens. Il voit le cœur de l’homme alors que ces derniers s’arrêtent à l’extérieur. Il est source infinie d’amour et de pardon ; eux s’attachent à une religion du mérite. Elle est grande, notre joie, car le Dieu qui nous aime est plus grand que notre cœur !

 Le Christ est là au milieu de nous puisque nous sommes réunis en son nom. Que vient-il nous offrir ? La guérison, comme il a offert la vue à un aveugle de naissance. C’est sa lumière qu’il nous apporte. Mais attention, encore faut-il que nous nous reconnaissions aveugles.

 Dieu a aimé Abraham, il a aimé David. Au long des siècles, à travers les hommes de son choix, son dessein se poursuit : « Saisir l’univers entier en réunissant tout sous un seul chef, le Christ », fils de David, fils d’Abraham. Vers Jésus convergent l’espérance des humains et celle de Dieu. Lui, simplement se confie au Père : « Le Seigneur est mon berger… Il me conduit par le juste chemin pour l’honneur de son nom… » L’honneur de son nom ? Qu’est-ce donc pour Dieu ? C’est mettre en son Fils tout son amour.

 Dieu le conduit, et Jésus poursuit sa route. Au passage il rencontre un mendiant aveugle. Ainsi après l’évangile de Jésus, source d’eau vive, voici celui de l’Envoyé lumière du monde. Dans l’un et l’autre cas le Christ est le Serviteur des œuvres du Père ; il les accomplit comme elles se présentent, et en totalité. Son action, sa personne nous interrogent, car il nous appelle à être de son côté à l’heure où l’affrontement avec ses adversaires se fait de plus en plus serré. Il faut choisir : lumière ou ténèbres ?

 Le catéchumène, comme l’aveugle guéri, va vers la reconnaissance profonde de celui  qui est la Lumière du monde. En même  temps la prière de l’Église s’élève pour tous les fidèles : elle demande à Dieu « d’augmenter la foi du peuple chrétien ». Nous sommes rassemblés « en Église », mais c’est à chacun que le Christ pose la question : « Crois-tu au Fils de l’homme ? » Au terme du dialogue, c’est à chacun de répondre : « Je crois, Seigneur ».

Père José