« Être Visage du Christ pour nos frères »

La Bonne Nouvelle de ce dimanche a quelque chose de déroutant. Nous sommes loin des paraboles auxquelles Jésus nous avait habitué, loin aussi des belles scènes de la vie de Jésus lorsqu’il guérit les malades, nourrit les foules, s’occupe des pauvres, des petits, des enfants…

Cet évangile (Mt 10, 37-42), où Jésus nous dit : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi.  », fait partie de ces passages difficiles que nous propose le Nouveau Testament.

Oui, l’évangile de ce jour a de quoi déconcerter et surprendre. D’une certaine manière, Jésus semble mettre les points sur les « i », donnant, pour qui veut le suivre, des repères aussi indispensables qu’incontournables. La parole de Jésus ne laisse d’ailleurs aucune hésitation possible à ses interlocuteurs. Il faut choisir ! Comment donc concilier la tendresse de Dieu et la « dureté » apparente de cet évangile ?

Pour concilier ces contradictions apparentes, nous avons besoin de comprendre ce que cela veut dire : marcher à la suite du Christ. En dépit des paroles-chocs de Jésus, nous le savons, cette suite est libératrice et le passage d’aujourd’hui est extrêmement révélateur, de ce qu’il nous dit au sujet de notre vie chrétienne. Elle implique des choix, des renoncements, et un attachement indéfectible à la personne de Jésus et à son Évangile. Le disciple du Christ est appelé à marcher sur les mêmes routes que son Maître. Son engagement en ce monde, au nom de l’Évangile est fait de risques, d’audace et de courage. Son combat est souvent solitaire et il doit être prêt à y engager toute sa vie, comme son maître. Même seuls, au cœur de la masse humaine, nous sommes appelés à nous ouvrir sans cesse au désir de Dieu sur nous, comme Jésus lui-même en a donné l’exemple. Le véritable bonheur est à ce prix, mais il est souvent fait de luttes, de renoncements et de refus, même lorsque des proches, des intimes cherchent à nous entraîner sur d’autres chemins que celui de l’Évangile. D’où la première place qu’il nous faut accorder au Christ dans nos vies. C’est certes exigeant, mais, vivre l’Évangile change tout dans la vie de celui qui choisit le Christ pour maître et pour ami. Vivre l’Évangile, c’est donner à notre vie la source où puiser ce dont nous avons besoin pour être Visage du Christ pour nos frères.

Alors, comment concilier cet amour de Jésus avec l’amour de nos proches ? Tout d’abord, il est important de souligner qu’il n’y a aucune contradiction entre ces deux amours, puisqu’ils n’en forment qu’un seul, mais l’un de ces deux amours a préséance sur l’autre, car c’est en demeurant dans l’amour de Dieu, que nous apprenons à aimer le prochain en vérité.

Père José