” Elle a tout donné !…”

Ce que Dieu attend de chacun d’entre nous pour nous combler de son bonheur, c’est l’abandon, le détache-ment, l’ouverture du cœur. Si le travail est important, et un salaire nécessaire pour faire vivre une famille, convoiter trop de biens matériels, aveugle et nous coupe du désir de Dieu…

Combien de fois entendons-nous : « aujourd’hui, on ne peut plus faire confiance à personne ». Il semble, malheureusement, que la confiance devienne difficile de nos jours ; et ce climat de méfiance engendre à son tour rivalité, violence, cupidité. Non seulement le bonheur de chacun est menacé, puisque la course effrénée aux richesses laisse toujours insatisfait, mais en outre les rapports humains sont mis à mal, le tissu social se dissout. Confiance, dit le Seigneur. Confiance et entraide, même quand cela vous semble impossible : comme pour la veuve de Sarepta (première lecture), le Seigneur pourvoira à l’avenir…

A la confiance est liée l’espérance : c’est parce que nous avons confiance en la Parole de Dieu, c’est parce que nous croyons en lui que nous pouvons espérer. « Heureux qui met son espoir dans le Seigneur ».

Notre espérance, elle, n’est pas vaine : c’est le Christ qui la fonde, en ayant accompli une fois pour toutes le sacrifice qui nous sauve (deuxième lecture). Dès lors, toute confiance est permise, tout abandon à la tendresse de Dieu est rempli de joyeuse assurance : le Christ nous a obtenu le salut, il attend notre désir d’être aimé de lui.

Nous faisons, ce dimanche 11 novembre, mémoire des millions d’hommes qui ont été victimes de la barbarie de la première guerre mondiale. On peut dire qu’ils ont fait, à l’image de la veuve de l’évangile, l’offrande de leur vie, du peu de vie qu’il leur restait. Leur sacrifice n’a pas servi de leçon. Une deuxième guerre est venue pire encore et d’autres encore qui déchirent des peuples. Soyons des artisans de paix et prions pour qu’elle règne dans notre humanité, celle d’aujourd’hui et celle de demain. Il est bon de relire ce qu’écrivaient les pères du concile Vatican 2 : « Pour bâtir la paix, la toute première condition est l’élimination des causes de discorde entre les hommes : elles nourrissent les guerres, à commencer par l’injustice… »

Père José