» Convertissez-vous ! « 

Depuis le mercredi des Cendres, nous sommes entrés dans un nouveau Carême. Pour bien comprendre ce qu’est véritablement ce temps de grâce et de conversion, il faut lire attentivement la première lecture de ce dimanche. Ce texte nous invite à une véritable révolution dans notre relation à Dieu : il ne s’agit plus d’offrir des sacrifices pour recevoir de lui ce que nous demandons. Il y a un réel renversement à opérer : au lieu de donner à Dieu pour recevoir de lui, nous sommes invités à lui offrir ce que nous avons reçu de lui. C’est cela qui est demandé au peuple d’Israël avant d’entrer dans la Terre promise : les premières gerbes qu’il devra offrir à Dieu sont le fruit de la terre que le Seigneur lui a donnée. Elles sont le fruit d’un travail d’hommes libres et non plus celui d’un esclave.

Tout cela vient nous faire comprendre que le Carême n’est pas d’abord un temps d’effort mais un temps de libération. Le principal travail, c’est le Seigneur qui le fait en nous. Il continue à voir la misère de son peuple. Il veut le libérer de la servitude de l’argent, du confort et de la volonté de réussir à tout prix. Alors nous comprenons que vivre un bon carême, c’est ouvrir à Dieu notre cœur ; c’est lui ouvrir notre porte pour accueillir l’amour qui est en lui et le rayonner autour de nous. Vivre un bon Carême c’est offrir à Dieu le fruit de son amour. Nous le ferons dans le don de nous-mêmes à Dieu et aux autres, dans la prière, le jeûne et le partage. Et s’il nous arrive de tomber, ne nous arrêtons pas sur l’échec, mais accueillons le pardon comme un nouveau don à offrir.

L’évangile nous rapporte qu’après son baptême, Jésus est conduit par l’Esprit au désert. Le tentateur se présente à lui en commençant par le flatter : « Si tu es le Fils de Dieu… » Lorsqu’il s’approche de nous, il utilise la même technique en disant par exemple : « si tu es un homme libre, si tu es une personne qui a l’initiative de sa propre vie, fais donc ce qui te plaît ; ainsi, tu pourras manifester ta liberté et ta dignité. » En fait, cette tentation nous conduit vers une impasse qui nous détourne de l’amour de Dieu. Toutes les tentations ont pour but de nuire à la relation qui existe entre l’homme et Dieu. C’est l’objectif que s’est fixé le tentateur.

Profitons donc pleinement de ce Carême qui nous invite à nous tourner vers le Christ, à nous tourner vers la foi de Pâques… L’évangile de ce dimanche nous le redit, comme cela nous a été dit au moment de la liturgie des Cendres : « Convertissez-vous et croyez à la Bonne nouvelle ». Croire, vraiment, à la Bonne Nouvelle, c’est croire à la vie donnée par le Christ, croire qu’Il nous sauve et en témoigner dès maintenant. Cinq semaines nous sont données pour nous en imprégner, et pour en rayonner, non seulement au cours des célébrations mais par toute notre vie.

Père José