A qui irions-nous ?

              Oui, «  Seigneur, à qui irions-nous ?  Tu as les paroles de la vie éternelle ! » Faisons  nôtres, en ce 21e dimanche du temps ordinaire,  ces mots de l’apôtre Pierre qui  engagent et font de chacun d’entre nous les véritables  disciples missionnaires dont notre monde a tant besoin…

Les disciples viennent d’écouter le discours sur le pain de vie. Jésus s’affirme  comme une présence incontournable pour ceux qui veulent le suivre.  « Je suis le pain vivant ». Cela paraît insoutenable aux auditeurs. Et la vraie question se pose à chacun aujourd’hui : le suivrons-nous ?

La foi en Jésus est non seulement un don de Dieu mais aussi une réponse libre de notre volonté. On ne peut donc pas se dérober à la question. A la fin du discours du pain de vie, il faut donc prendre position. Certains disciples choisissent ainsi de quitter Jésus. Ils sont les plus nombreux. Il reste à présent si peu de monde que Jésus interroge les Douze : « voulez-vous partir, vous aussi » ? La question montre que le don de Dieu ne s’impose jamais. Il procède de la libre rencontre entre Dieu qui offre et l’homme qui décide d’accueillir. C’est pourquoi il est important que Pierre s’engage et prenne la parole pour les Douze. Eux choisissent de rester.

C’est sa Pâque que Jésus annonce dans le discours du pain de vie. Aussi la question première n’est pas celle de l’adhésion à une théorie ou un enseignement, mais celle de faire la Pâque, celle de faire le grand passage à la suite de Jésus, de se laisser entraîner sur la route de la foi. « Personne ne peut venir à moi, dit Jésus, si cela ne lui est pas donné par le Père ». Jésus révèle que la loi de l’amour est la loi du don. Ce que le Fils donne, le Père nous donne de le recevoir.

Ainsi, à l’heure où la plupart s’en vont, saint Pierre pressent tout cela et s’engage : « Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint, le Saint de Dieu ». Puisions-nous, comme l’apôtre Pierre, confesser aujourd’hui, demain et toujours, la même foi en ce « pain vivant » que nous recevons, chaque dimanche, à l’Eucharistie.

Père José