Relique de St Vincent de Paul

 

 

C’est avec une grande Joie que nous accueillerons

les reliques de St Vincent de Paul le mardi 23 Mai en l’Eglise Saint Louis

de Fontainebleau,

au cours d’une soirée de louange et de méditation de 20h30 à 22h

Extrait du livret  du Pèlerinage du Cœur de saint Vincent de Paul

Pourquoi vénérer les reliques ? :

Les Reliques sont les « restes mortels » des saints qui nous rappellent leur condition humaine. C’est avec leur corps que les saints ont agi, servi, prié, aimé, travaillé, souffert et fait l’expérience de la mort. Les reliques nous conduisent à Dieu lui-même : en effet, c’est Lui qui, par la force de sa grâce, donne à des êtres fragiles le courage d’être ses témoins devant le monde. En nous invitant à vénérer les reliques des saints, l’Église n’oublie pas qu’il s’agit certes de pauvres restes humains, mais qui appartenaient à des personnes

visitées par la puissance transcendante de Dieu. Saint Vincent de Paul, comme tous les saints, nous conduit toujours à Jésus.

 

Les gestes :

Ils expriment notre amitié spirituelle avec le Saint, notre respect et notre foi en la Communion des Saints. Vous pouvez vous incliner devant le reliquaire, déposer une fleur, marquer un court instant d’arrêt devant lui, faire un signe de croix… L’essentiel sera d’accomplir ces gestes dignement.

 

Les Reliques des Saints sont des traces de la présence

invisible mais réelle qui illumine les ténèbres du monde,

manifestant que le Règne de Dieu est au-dedans de nous.

Elles crient avec nous et pour nous :

« Maranatha, viens Seigneur Jésus ! »

Benoît XVI Cologne, 18 août 2005

 

L’œuvre missionnaire de Saint VINCENT de PAUL

Saint Vincent de Paul est un grand novateur : profondément conscient de la misère physique et spirituelle qui règne à cette époque dans les campagnes et les faubourgs des villes ( « le peuple meurt de faim et se damne »). Il consacre sa vie à secourir et à évangéliser.

Quelques dates marquent les différentes étapes de sa vocation missionnaire :

Ordonné prêtre en 1600. il organise la première Confrérie de Charité en 1617, groupe de dames réunies dans une entraide dévouée aux plus pauvres.

1619 : son titre d’aumônier général des galères confirme son apostolat parmi les forçats.

1624 : il fonde la Société des Prêtres de la Mission, destinée spécialement à l’évangélisation des campagnes ; installés en 1632 au Prieuré Saint-Lazare, ils prirent bientôt le nom de Lazaristes. Ceux-ci font œuvre  d’évangélisation hors de France, en Irlande, en Pologne, en Afrique du Nord et à Madagascar en 1658.

1633 : En créant les « Conférences ecclésiastiques du mardi », il va assurer la formation des prêtres.

1633 : Création de la Congrégation des Filles de la Charité (avec Louise  de Marillac) dont le vêtement sera à l’origine « celui des paysannes » et dont « la rue sera le cloître ».

1635 : il envoie des secours aux populations des duchés de Lorraine et de Bar, ravagés par les troupes françaises et suédoises.

En 1638 débute l’Œuvre des Enfants Trouvés, à l’origine de l’Assistance Publique.

1651 : Vincent organise également des collectes à Paris pour porter secours aux victimes de la guerre en Picardie, Champagne et Île-de-France.

1657 : il fonde un hospice pour les personnes âgées, qui deviendra l’hôpital de la Salpêtrière.

On lui doit aussi les « soupes populaires » et les « maisons de correction » où les jeunes délinquants étaient accueillis avec une grande bienveillance.

Il se montra partisan d’une politique conciliante à l’égard des protestants, mais intransigeante au contraire avec les jansénistes.

Canonisé en 1737, il sera déclaré par le pape Léon XIII « Patron de toutes les œuvres charitables ».

 

La relique que nous recevons à Fontainebleau est le cœur de Saint Vincent, conservé  à Paris, à la chapelle de la Maison-mère des Filles de la Charité, 140 rue du Bac .

 

Quelques détails  de la vie de Saint Vincent de Paul  (1581-1660) 

Saint Vincent de Paul a marqué le XVIIe siècle de toute la force et la ferveur de sa foi et de son dévouement dans le domaine social, intellectuel et spirituel.

Né dans une famille de pauvres cultivateurs des Landes, le 24 avril 1581 à Pouy -aujourd’hui Saint-Vincent-de-Paul-, il gardait les troupeaux, mais, remarquant son intelligence,  ses parents  firent des sacrifices pour lui permettre d’aller faire des études : à Dax, chez les Cordeliers, puis  à l’université de Toulouse. Il fut ordonné prêtre en 1600.

En 1605, devant revenir de Marseille à Narbonne par la mer, pour rejoindre Toulouse par la diligence, il fut capturé par les pirates barbaresques et emmené esclave à Tunis. Son quatrième maître (1607) étant chrétien renégat, Vincent réussit à le convertir ( par l’effet miraculeux des prières à Marie qu’il chantait en travaillant dans les champs !) et il se rendit à Rome avec lui  pour obtenir son pardon.

C’est là qu’on lui confia une mission diplomatique confidentielle auprès d’Henri IV.  Il est alors apprécié des « Grands » de la Cour sur lesquels il pourra désormais  compter pour soutenir ses projets envers les plus pauvres.

Nommé curé de Clichy (1611), il fut chargé de l’éducation des enfants de Philippe de Gondi, Général des Galères. Mais (1617) se sentant prisonnier de cette famille aisée, il  s’évada nuitamment pour évangéliser  la paroisse la plus misérable de France, Châtillon-sur-Chalaronne, tout près d’Ars.

Son influence comme directeur spirituel était si importante que Louis XIII l’appela à son chevet dans ses derniers moments. Impressionnée par sa personne, la reine Anne d’Autriche le nomma membre et Président du Conseil de Conscience qui se tenait régulièrement dans les châteaux royaux. C’est à ce titre que Vincent de Paul vint plusieurs fois à Fontainebleau, avant même d’y fonder en ville les Sœurs de la Charité.

Mettant son énergie  au service des œuvres de Charité qu’il avait instituées, il est mort à Paris le 27 septembre 1660 et fut canonisé en 1737. Actuellement, son corps est exposé dans la chapelle des Lazaristes-Missionnaires -la communauté religieuse qu’il avait fondée-, rue de Sèvres à Paris. (Photo).

 

Saint Vincent de Paul et Fontainebleau

On peut s’étonner du nombre de représentations de Saint Vincent de Paul qui figurent à Fontainebleau. Dans l’église Saint-Louis, on en dénombre cinq : à l’intérieur, deux vitraux et une sculpture -actuellement en restauration- ; à l’extérieur, une belle statue surmonte l’entrée principale, reprise par l’effigie sculptée qui en orne le portail.

Pourtant, jamais Saint Vincent n’est venu dans notre église, gérée par les Trinitaires jusqu’en 1661. Ce n’est qu’après sa mort que la paroisse Saint-Louis accueillit sa nouvelle Congrégation des prêtres de la Mission qui en furent les curés jusqu’en 1792 et pour lesquels fut édifié le Bâtiment de la Mission (leur presbytère) qui domine désormais la grande place de la République.

Cependant, St Vincent de Paul se déplaça plusieurs fois à Fontainebleau. En juillet et en novembre 1644, Anne d’Autriche le fit venir pour y installer une Confrérie de la Charité. Confiée aux Dames de la Cour, l’ampleur de la tâche nécessita très vite la venue de quelques-unes de ses « bonnes Filles de la Charité ». Vincent de Paul revient donc dans notre ville en juillet 1646 (cf ses lettres) pour veiller à l’installation des deux premières Sœurs. Logées d’abord dans une modeste maison, elles reçoivent du roi Louis XIV -1656- l’Hôpital de la Charité, immeuble rue Royale, actuelle bibliothèque municipale.

Elles y resteront jusqu’aux lois de laïcisation de 1882. Leurs locaux confisqués, elles sont accueillies -1890- à l’Hôtel de Brionne, au n°58 rue de France, angle Saint-Honoré, où elles transporteront précieusement à la fois la cloche bénie par Louis XIV, la grande statue de leur fondateur (toujours installée sous le porche), et la belle sculpture du XIVe de Notre-Dame de Franchard qu’elles donneront à la paroisse en 1982,à leur départ de Fontainebleau.

Dans cet esprit de charité, fut construit par Mme de Montespan -1688- l’Hospice de la Sainte Famille ou du Mont-Pierreux (partie ancienne de l’hôpital actuel) qui recueillait les enfants trouvés, soignait les vieillards et éduquait les orphelines : dans la chapelle de l’hôpital un vitrail lui est consacré.

C’est donc grâce à leur dévouement exemplaire pour les pauvres et les malades et à l’enseignement qu’elles dispenseront à l’École Sainte-Marie, que les Sœurs de la Charité (dont les cornettes blanches firent partie du paysage familier de Fontainebleau pendant plus de trois siècles !) ont fait vivre la mémoire de Saint Vincent de Paul , et qu’il a paru légitime de le représenter plusieurs fois dans l’église (réfection de 1868) dont il était devenu le patron en second, avec Saint Louis.

Roseline Hierholtz