Sainte Marie, Mère de Dieu

                                                          Solennité de Sainte Marie, Mère de Dieu 

1er janvier
Comme il est bon, et réconfortant, d’entrer dans la nouvelle année en tournant notre regard vers la Vierge Marie, « Mère de Dieu » !
Nous pouvons ainsi confier à Marie toute cette année qui vient, avec toutes les attentes et les inquiétudes qui habitent nos cœurs, pour vivre, avec elle et comme elle, dans la confiance et dans l’espérance, dans la certitude profonde que Dieu ne nous abandonnera jamais et qu’il saura faire tout concourir à notre bien (cf. Rm 8,28) car, en son Fils, Il est véritablement l’Emmanuel, « Dieu avec nous » (cf. Mt 1, 23) !
Et, de fait, ce titre attribué à Marie par l’Eglise, lors du Concile d’Ephèse en 431, a d’abord pour but d’attester la réalité du mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu. En réponse à divers courants hérétiques qui tendaient à nier cette vérité fondamentale de la foi chrétienne, les Pères de ce Concile ont voulu ainsi signifier que le Fils de Dieu était véritablement né d’une femme, et donc qu’il avait réellement assumé notre nature humaine. Quelques années plus tard, en 451, lors du Concile de Chalcédoine, l’Eglise confirmera cela, en réponse à d’autres courants hérétiques, en proclamant que Jésus est « véritablement Dieu et véritablement homme ».
Oui, en cette fête de « Sainte Marie, Mère de Dieu », nous pouvons rendre grâce au Seigneur !
En Marie, le Fils de Dieu s’est fait véritablement l’un de nous pour que nous puissions, par Lui, avec Lui, et en Lui, devenir enfants du Père. Il nous a rejoint en tout ce que nous sommes, en tout ce que nous vivons, en nos souffrances et nos péchés, pour nous faire le don de sa vie divine, pour que nous puissions vivre toute notre vie dans la lumière de son amour, un amour plus fort que le péché, plus fort que la mort.
Et cette fête est bien sûr aussi l’occasion de rendre grâces pour Celle que Dieu a choisi pour être la Mère de son Fils.
Si Celui-ci a pu venir en notre monde c’est en effet parce que, au terme de la longue histoire du Salut qui a précédé et à travers laquelle Il préparé cet évènement, Dieu a formé en Marie celle qui, au nom de toute l’humanité, pourrait l’accueillir librement avec un cœur totalement et parfaitement ouvert, dans la foi et dans l’amour. En répondant à l’Ange : « je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole », Marie a dit en effet à Dieu ce « oui » plénier qu’il attendait depuis toujours pour pouvoir venir nous sauver en se faisant, en son Fils, l’un de nous : comblée de la plénitude de la grâce de Dieu, elle s’est librement et totalement offerte à Dieu, dans la virginité de son cœur et de son corps, pour que, en venant dans le monde, il puisse accomplir son dessein de salut envers toute l’humanité, pour qu’il puisse « naître » en chacun de nous, par le don de son Esprit.
Le Pape saint Léon le Grand avait déjà exprimé cela, en disant que la fête de Noël ne pouvait être considérée comme étant seulement l’anniversaire de la naissance du Christ, mais qu’elle devait être célébrée comme étant aussi l’anniversaire de la naissance de son Corps, l’Eglise : « Lorsque le Christ vient au monde, le peuple chrétien commence : l’anniversaire de la tête, c’est l’anniversaire du corps » (St Léon le Grand, Homélie pour Noël).
L’Eglise, au fil des siècles qui suivront, découvrira peu à peu comment Marie elle-même est associée à ce mystère de sa propre naissance :
En effet, entrant toujours plus profondément, sous la conduite de l’Esprit Saint, dans la compréhension des paroles que Jésus, sur la Croix, adressa à sa Mère et au disciple bien-aimé (Jn 19,27), et comment donc Marie, au pied de la Croix, « apporta à l’œuvre du Sauveur une coopération absolument sans pareille » (Vatican II, Lumen Gentium, n° 61), l’Eglise, par l’intermédiaire du Pape Saint Paul VI, en viendra en effet à proclamer officiellement que Marie est véritablement : « Mère de l’Eglise », la Mère du Corps du Christ (cf. clôture de la 3ème session du Concile Vatican II, 21 novembre 1964).
Nous découvrons ainsi une nouvelle dimension de la fête de « Marie, Mère de Dieu » : si Dieu a choisi Marie pour être la Mère de son Fils, et s’il l’a comblée de la plénitude de sa grâce pour qu’elle puisse l’accueillir pleinement et lui être parfaitement associée, tout du long de sa vie, dans la foi et dans l’amour, c’est en effet pour pouvoir la donner comme Mère à toute l’Eglise, « Corps du Christ, et Plénitude de Celui-ci » (cf. Ep 23).
Oui, Marie, « Mère de Dieu », a reçu de son Fils la mission de nous enfanter aussi, chacun d’entre nous, à la vie de la grâce, c’est-à-dire à la vie dans l’Esprit Saint. Elle nous est donnée par Dieu comme Mère pour nous aider, chaque jour, à dire à son divin Fils tous les « oui » qu’il désire que nous lui disions, dans la foi et dans l’amour, pour qu’il puisse ainsi, par le don de son Esprit, naître et grandir en nous, pour que nous ayons ainsi toujours plus profondément part à sa résurrection et soyons ses témoins, les témoins de la victoire de son amour sur tout mal !
Très bonne et sainte année à chacun de vous, avec Marie, Mère de Dieu et notre Mère !
Très fraternellement,
Père Philippe Marchand

1° janvier – Fête de sainte Marie, Mère de Dieu: messe unique de pôle à 9h30 en l’église Saint Louis