Récollection liturgie…pour tous les paroissiens

Samedi 5 novembre 2016 en l’église ND des Fougères, à Avon, nous avons vécu une très belle récollection liturgique, animée par le Père José qui nous a enseigné comment entrer spirituellement et en accord avec notre vision pastorale dans l’action liturgique.

Voici un résumé de ce  qui nous a été dit.

« La spiritualité de la mission dans le Pôle  missionnaire de Fontainebleau »

Quand on parle de la liturgie, c’est la gloire de Dieu au milieu de son peuple, sur terre et dans le ciel » Benoît XVI

Quelle spiritualité habite  et supporte mon action, particulièrement dans ma participation à la vie liturgique ? Comment dans notre Pôle, aimer comme Jésus et faire des disciples ?

Une certitude : L’activité missionnaire exige une spiritualité spécifique qui concerne en particulier ceux que Dieu a appelés à être missionnaires.

Se laisser conduire par l’Esprit Saint

Cette spiritualité s’exprime avant tout par le fait de  vivre en pleine docilité à l’Esprit, docilité qui engage à se laisser former intérieurement par lui afin de devenir toujours plus conforme au Christ. La docilité  à l’Esprit engage par ailleurs à accueillir ses dons de courage et de discernement, qui sont des traits essentiels de la spiritualité missionnaire.

Le cas des Apôtres est exemplaire, eux qui durant la vie publique du Maître, malgré leur amour pour lui et la générosité de leur réponse à son appel, se montrent incapables de comprendre ses paroles et réticents à le suivre sur la voie de la souffrance et de l’humiliation. L’Esprit les transformera en témoins courageux du Christ et en annonciateurs éclairés de sa Parole. C’est l’Esprit qui les conduira sur les chemins ardus et nouveaux de la mission.

Aujourd’hui comme hier, la mission est difficile et complexe. Comme hier, il faut prier  pour que Dieu nous donne l’audace de proclamer l’Evangile.

Vivre le mystère de Jésus « envoyé »

La  communion  intime avec le Christ est un élément essentiel de la spiritualité missionnaire : on ne peut comprendre ni vivre la mission qu’en se référant au Christ comme à celui qui a été envoyé pour évangéliser. Saint Paul en décrit les comportements : « Ayez entre vous les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus : Lui de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’anéantit   lui-même, prenant condition d’esclave, et devenant semblable aux hommes. S’étant comporté  comme un homme, il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort, et la mort sur la croix » (Ph 2, 5-8).

Ici  se trouve décrit le mystère de l’Incarnation et de la Rédemption comme dépouillement total qui amène le Christ à vivre pleinement la condition humaine et à adhérer jusqu’au bout au dessein du Père.

Il est demandé au missionnaire de se faire tout à tous dans la pauvreté qui le rend libre pour l’Evangile. C’est à cela que tend la spiritualité missionnaire ! Par ailleurs, parce qu’il est « envoyé » , le missionnaire expérimente la présence réconfortante du Christ qui l’accompagne à tout instant de sa vie : « N’aie pas peur… car je suis avec toi » (Ac 18, 9-10) et il l’attend au cœur de tout homme et de tout peuple.

Aimer l’Eglise et les hommes comme Jésus les a aimés

La spiritualité missionnaire est caractérisée également par la charité apostolique, celle du Christ venu « afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés ( Jn 11, 52), du Bon Pasteur qui connaît ses brebis, qui les cherche et qui offre sa vie pour elle (Jn 10). Celui qui a l’esprit missionnaire éprouve le même amour que le Christ pour ses frères et aime l’Eglise comme le Christ.

Le missionnaire est poussé par le « zèle pour ses frères », qui s’inspire de la charité même du Christ, faite d’attention, de tendresse, de compassion, d’accueil, de disponibilité, d’intérêt pour les problèmes d’autrui.

Le missionnaire est l’homme de la charité : pour pouvoir annoncer à chacun de ses frères qu’il est aimé de Dieu et qu’il peut lui-même aimer, il doit faire preuve de charité envers tous… Le missionnaire est le « frère universel », il porte en lui l’esprit de l’Eglise, son ouverture et son intérêt envers tous les peuples et tous les hommes, spécialement les plus petits et les plus pauvres. Comme tel il dépasse les frontières et les divisions de race, de caste ou d’idéologie : il est signe de l’amour de Dieu dans le monde, c’est-à-dire de l’amour sans aucune exclusion ni préférence.

Enfin, comme le Christ, il doit aimer l’Eglise : «  Le Christ a aimé l’Eglise : il s’est livré pour elle » (Ep 5, 25). Seul un profond amour pour l’Eglise peut soutenir le zèle du missionnaire ; son obsession quotidienne qui est – comme le dit saint Paul – « le souci de toutes les Eglises » (2 Co 11, 28). Pour le  missionnaire,  la fidélité au Christ est inséparable de la fidélité à son Eglise.

Le véritable missionnaire c’est le saint.

L’appel à la mission découle par nature de l’appel à la sainteté. Tout missionnaire n’est authentiquement missionnaire que s’il s’engage sur la voie de la sainteté. Tout baptisé confirmé est appelé à la sainteté et à la mission… La spiritualité missionnaire de l’Eglise est un chemin vers la sainteté.

L’élan renouvelé vers la mission, notamment en direction  des périphéries demande de saints missionnaires. Il ne suffit pas en effet de renouveler les méthodes pastorales, ni de mieux organiser  et de mieux coordonner les  forces de l’Eglise, ni d’explorer avec plus d’acuité les fondements bibliques et théologiques de la foi : il faut susciter un nouvel  élan de sainteté  chez les missionnaires et dans toute la communauté chrétienne en particulier chez ceux qui sont les plus proches collaborateurs des missionnaires.

Conclusion :

L’élan missionnaire des premiers apôtres, démunis de moyens de communication, a répandu l’annonce de l’Evangile jusqu’aux confins du monde connu en un siècle et bouleversé les mœurs de l’époque.

Avoir à cœur cet élan missionnaire des origines : Cet élan doit être nourri par l’adoration et la contemplation. Le missionnaire, s’il n’est pas  un contemplatif, ne peut annoncer le Christ d’une manière crédible ; il est témoin de l’expérience de Dieu et  doit pouvoir dire comme les Apôtres « Ce que nous avons contemplé…, le Verbe de Vie…, nous vous l’annonçons ( Jn 1, 1-13)

La « feuille de route » du missionnaire ce sont les Béatitudes. Avant de les envoyer évangéliser, Jésus  instruit les Douze en leur montrant les voies de la mission : pauvreté,  douceur, l’acceptation des souffrances et des persécutions,  désir de justice et de paix,  charité,  c’est-à-dire précisément les Béatitudes réalisées dans la vie apostoliques ( cf Mt 5, 1-12). En vivant les Béatitudes, le missionnaire expérimente et montre concrètement que le Règne de Dieu est déjà venu et qui l’a déjà accueilli.

La caractéristique de toute vie missionnaire authentique est la joie intérieure qui vient de la foi. Dans un monde angoissé et oppressé par tant de problèmes, qui est porté au pessimisme, celui qui annonce la Bonne Nouvelle doit être un homme qui a trouvé dans le Christ la véritable espérance.