Ordination de Wilimstrong Borgella -Meaux

 

 » Par l’imposition des mains et le don de l’Esprit Saint, S.E. Monseigneur Jean-Yves Nahmias, Évêque de Meaux,

ordonnera prêtre pour le diocèse de Meaux, Wilimstrong Borgella »

Changement de lieu de l’ordination de Wilimstrong Borgella – Dimanche 14 février 2021 à 14h30 à la cathédrale

Chers amis, l’ordination presbytérale de Wilimstrong Borgella qui aura lieu ce dimanche 14 février à 14h30 se déroulera à la cathédrale Saint-Étienne à Meaux. Devant l’affluence des inscrits pour y participer et la nécessité de respecter les mesures de distanciation imposées aux lieux de culte, la décision a été prise de déplacer l’ordination de l’église Saint-Paul d’Avon à la cathédrale. Il n’est donc plus nécessaire de s’inscrire pour participer. Venez bien couvert afin de profiter au mieux de la célébration. Les parkings du centre-ville de Meaux sont gratuits le dimanche. Retrouvez toutes les informations sur le site du diocèse :

http://www.catho77.fr/spip.php?article4892

Un nouveau prêtre pour notre diocèse

Après une large consultation canonique, Monseigneur Nahmias a appelé notre diacre, Wilimstrong Borgella, au ministère sacerdotal.

Cette ordination sera retransmise en direct sur la chaîne YouTube du diocèse : https://www.youtube.com/user/newsletter77adm/videos

Pour des raisons que tout le monde peut comprendre, les places seront malheureusement très limitées et n’auront accès à l’église que ceux qui se seront préalablement inscrits. Le lien pour s’inscrire à la messe sera annoncé la semaine prochaine.

Une veillée de prière et d’adoration aura lieu le samedi 13 février à 15h00 à l’église saint Louis pour Wilimstrong. Cette veillée de prière sera retransmise sur la chaine You tube du pôle:

https://www.youtube.com/channel/UC7h806g_0WD09UZVywH4uTA

Pour télécharger la feuille de chants cliquer ICI

Interview

Bonjour Wilimstrong : qui êtes-vous ?

Vous portez un prénom original ! 

Originaire de Haïti, je suis le troisième d’une fratrie de quatre enfants, deux filles et deux garçons.

Mon père s’appelait Withny et avait gardé une très forte amitié pour son ancien patron américain, Amstrong, qui, au moment de partir pour ne plus revenir, lui avait confié son entreprise.

Il a choisi de contracter les deux prénoms en Wilimstrong !

Ma mère souhaitait m’appeler Yves Carmel mais, comme c’est elle qui avait prénommé mes sœurs ainées, elle a accepté que ce soit mon père qui me prénomme.Je suis allé à l’école primaire, dans ma région natale, chez les Frères de l’Instruction Chrétienne (dits de Lamennais)  missionnaires français, à Cap Haïtien, deuxième ville du pays, au Nord.

J’ai ensuite poursuivi ma scolarité secondaire au collège Notre Dame du Perpétuel Secours, dirigé par les Pères de Sainte Croix.

 

Vous êtes, en quelque sorte, un pur produit de l’Enseignement catholique ?

Oui, absolument … c’est au cours de mes études primaires et secondaires que j’ai reçu les sacrements de l’eucharistie (première communion) et confirmation.

Entouré de mes parents, j’ai vécu une jeunesse heureuse avec des années inoubliables où l’école, l’Eglise et le sport (le basket en particulier) étaient mes plus grands centres d’intérêt !

Je faisais partie de l’un des plus grands clubs de basket-ball de la ville. A l’école, on jouait sur la cour de récréation avec les pères de Sainte Croix et comme j’étais la grande « star » de l’équipe, engagé à fond dans le sport, les pères de Sainte Croix ne me voyaient pas en cheminement pour devenir prêtre, alors que le désir bouillait en moi : « je ne rentrais pas dans le moule » !

En parallèle, j’étais également délégué de classe, ce qui m’a permis de prendre goût à l’exercice des responsabilités.

Tous les vendredis matins, un intervenant extérieur venait dans l’établissement pour présenter, aux élèves du second cycle, son itinéraire personnel et son engagement.

Lors du témoignage d’un jésuite, j’ai découvert la Compagnie de Jésus et je me suis « retrouvé » dans ce projet.

 

Quel a été ensuite votre parcours, avant de faire un choix de vie ?

Dans ma famille, il était inconcevable de ne pas envisager d’études supérieures et je suis donc entré à l’université de Port-au-Prince où j’ai suivi la formation des cadres supérieurs de mon pays (administration, gestion, comptabilité) ainsi que des études en sciences politiques et relations internationales… puis j’ai commencé une carrière bancaire dans une ancienne banque de Paris qui a été achetée – la Promobank – fusionnée plus tard avec la Unibank, où j’étais caissier de surface, avant d’être, assez rapidement, promu chef de caisses puis directeur de succursale.

Proche des hauts responsables du système, je sentais la franc-maçonnerie chez les dirigeants avec lesquels je collaborais ; ils ne cachaient, d’ailleurs, pas leur appartenance aux loges locales.

Je me sentais en porte-à-faux avec ma foi et cela me mettait mal à l’aise…

 

A quel moment avez-vous franchi le pas ?

J’ai alors pris la décision d’aller frapper à la porte des Jésuites !

A commencé, pour moi, une période de discernement qui a duré deux ans, marquée par une rencontre mensuelle avec le Père André Charbonneau (jésuite de la province Canada français) qui était mon accompagnateur spirituel.

Je suis resté cinq ans dans la Compagnie de Jésus, à Port-au-Prince, d’abord, puis je suis parti, durant ma période probatoire, en République Dominicaine et en Colombie. J’ai appris l’espagnol, indispensable pour approfondir les écrits de saint Ignace.

J’ai également participé à l’accompagnement des amérindiens, en Guyane française, à Saint Laurent du Maroni et à Mana.

Par la suite, avec l’autorisation de mon évêque (qui m’avait connu durant mon noviciat), j’ai décidé de quitter la Compagnie et j’ai demandé à poursuivre en métropole…

 

Et votre arrivée en France ?

Après un bref séjour à la Houssaye-en-Brie, je me suis retrouvé chez les Frères Missionnaires des Campagnes, en Normandie, dans le petit village de La Carneille, près de Flers.

J’y ai découvert le France profonde !

Les Frères avaient une belle vie de prière quotidienne mais n’avaient pas d’engagement direct dans la paroisse, pourtant voisine.
Je lisais beaucoup … mais je ressentais le besoin d’une insertion plus directe et plus marquée dans la mission puisque j’ai été formé pour être missionnaire.

Après un nouveau temps de discernement à Manrèse (centre spirituel jésuite, en Île-de-France, Clamart à deux pas de Paris), avec le Père Henri Raison, j’ai émis le souhait, dans la prière, le silence et le discernement, d’intégrer le diocèse de Meaux car j’avais déjà rencontré Monseigneur Nahmias qui m’avait reçu à l’évêché et expliqué sa vision pastorale dans le diocèse.

Il a ensuite demandé  au père Guillaume de Lisle (vicaire général et délégué aux vocations pour le diocèse) de m’accompagner dans mon cheminement et durant mon stage à la paroisse de Melun.

Après cinq ans à Melun, me voici à Fontainebleau depuis septembre dernier !

 

A Fontainebleau…

J’ai trouvé là l’engagement que je désirais et l’espace pour m’épanouir dans la vocation qui est la mienne : et ce n’est pas le travail qui manque !

Nous avons une vie communautaire qui trouve le bon équilibre entre la vie fraternelle, la vie de prière et l’activité pastorale : on ne porte pas la Mission seul, mais avec des frères. (C’est ce que j’ai appris à l’école de Saint Ignace : vivre la mission, former son cœur de pasteur, dans un « compagnonnage » avec le Christ !)

On peut se dire les choses, partager les difficultés, tout en ayant la liberté qui laisse à chacun sa propre créativité.

Je me sens à l’aise. J’ai un curé (le père José) à l’écoute, dont l’expérience est un soutien précieux et avec lequel il est possible d’échanger.

Dans le cadre des attributions qui sont les miennes, je suis plus particulièrement présent sur Bois-Le-Roi et Samois.

Je m’occupe du groupe de l’aumônerie des lycéens.

Je coordonne les activités des Cellules d’Evangélisation.

J’assure également du catéchisme à l’école Saint Louis.

 

Vous venez d’effectuer une retraite à Ars … 

Oui, dans le cadre de la préparation à mon ordination, j’ai fait le choix d’aller à Ars, l’occasion de me « tremper » davantage dans la spiritualité de saint Jean-Marie Vianney et lieu de passage de nombreux saints.

C’était une retraite, silencieuse, prêchée, sur le thème de l’appel et de la vocation, avec la méditation de textes bibliques et l’occasion de très beaux échanges avec le père Thierry des Rochettes : la vocation est un don, mais c’est toujours pour une mission.

Chacun doit faire fructifier les talents qu’il a reçus.

Le prêtre est un instrument dans les mains de Dieu.

Il exerce son ministère, en toute simplicité, dans la proximité étroite des gens.

 

Quel est l’état présent de votre « cœur » à quelques jours de votre ordination ? 

Je suis dans la joie et confiant en la miséricorde de Dieu !

La retraite spirituelle m’a donné la grâce de rester imperturbable, malgré les aléas et les situations imprévues que nous connaissons actuellement où on ne peut se projeter. Je reste dans la confiance.

Mon ordination sacerdotale est un événement qui va couronner une longue période de formation et inaugurer le temps de la mission, comme pasteur, qui est, en même temps, devant le peuple de Dieu pour le conduire, parmi le peuple de Dieu, pour le comprendre et derrière le peuple de Dieu, pour l’« impulser » à marcher à la suite du Christ…

Je m’en remets à la volonté du Seigneur et je souhaite être au service, tout simplement…

 

Le mot de la fin ?

Mes parents sont aujourd’hui décédés, mes sœurs ne pourront pas venir assister à mon ordination, pas plus que mon frère, en raison des conditions sanitaires (ambassade fermée, nécessité de rester en quarantaine à l’arrivée) ce qui est douloureux pour moi, bien sûr… mais je repense à une parole de ma mère que je qualifie maintenant de prophétique. Lorsque je lui ai annoncé mon départ de la maison familiale, à la suite du Christ, elle m’a dit : « Si c’est la volonté du Seigneur, alors ce sera l’Eglise, ta nouvelle famille »

Alors, oui : il en est ainsi et, là où je me trouve, je suis à 100% avec les gens !  

Propos recueillis par Catherine PHILIPPE

Portait en vidéo du diocèse : lien