Nouvelles de Ste Marie

Entretien avec Madame Breuil, directrice de l’école sainte Marie de Fontainebleau

 

Bonjour Isabelle !

Vous êtes la directrice de l’école Sainte Marie de Fontainebleau, pour quelques semaines encore, puisque vous changerez de poste à la rentrée scolaire prochaine.

Présentez-vous pour celles et ceux qui ne vous connaissent pas.

Je suis enseignante dans l’Enseignement Catholique depuis 1993 et directrice, en Seine et Marne, depuis septembre 2010. Je termine ma septième année à Sainte Marie où j’ai pris mes fonctions en septembre 2013.

Quel a été votre parcours ? Comment êtes vous arrivée ici ?

Rien ne me « prédestinait » à ce métier, au départ, alors que j’ai suivi des études en sociologie.

Au moment de la préparation de mon mémoire sur les phénomènes migratoires, j’ai pris une année de césure et je suis partie en Guyane française.

J’y ai d’abord effectué toutes sortes de petits jobs (comptage des singes, collecte de données sur les animaux piégés par la montée des eaux, lors de la construction du barrage sur le Maroni) puis j’ai fini par me « retrouver » suppléante dans une école primaire qui était sous la tutelle des sœurs de Saint Joseph de Cluny.

L’établissement  accueillait de nombreux enfants réfugiés laotiens. (Les premiers Hmongs qui fuyaient le régime communiste ont été accueillis en Guyane à partir de 1975 et sont aujourd’hui, les premiers cultivateurs du territoire.)

Cela a été le déclic.
A mon retour en France, je me suis inscrite à l’Ecole du Père Faure (Centre de Formation à la pédagogie coopérative, d’inspiration montessorienne).

J’ai occupé successivement plusieurs postes, en tant que professeur des écoles : Saint Benoît de l’Europe (Bagnolet) puis Notre Dame de la Gare (dans le XIIIème arrondissement).

Notre appartement parisien étant devenu trop étroit avec nos deux jumelles, nous avons décidé, avec mon mari, de nous éloigner de la capitale.

J’ai alors obtenu un poste au Cours Branger (actuelle école saint Louis), puis la directrice diocésaine m’a proposé de prendre la direction de l’école Notre Dame d’Espérance à Moret-sur-Loing.

Trois ans plus tard, j’ai été sollicitée pour assurer celle de l’école Sainte Marie.

Nous accueillons aujourd’hui, dans ce bel établissement, 405 élèves dans 14 classes.

Qu’est ce qui a été le plus marquant pour vous, au terme de cette mission ?

 Notre excellente collaboration avec la paroisse qui a permis la mise en place d’un projet pastoral fort, avec un message clair.

Le Père José s’est montré très disponible et bienveillant pour les enseignants.

Au delà des quatre célébrations annuelles, soigneusement préparées avec les équipes et adaptées à chaque tranches d’âges pour nos jeunes élèves, de nombreux temps ont jalonné la vie de l’école : la bénédiction des cartables, le fleurissement de Marie, etc… L’investissement des mamans de l’équipe pastorale a également permis de très beaux moments tels que les animations Playmobil, le chapelet des enfants sur le temps de midi, et bien d’autres choses..

De façon plus générale, le bénévolat et l’engagement des parents constituent

une aide précieuse dans de nombreux domaines (pastorale, bibliothèque, etc …)

Nous avons également mené à terme, sur l’ensemble de la période, un projet ambitieux  qui a coûté deux millions d’euros pour l’ensemble des travaux : mise en conformité et aux normes incendie,  accessibilité (création d’un ascenseur), changement des huisseries, isolation, VMC, chaudière … afin de réaliser des économies d’énergie.

On a vraiment touché à l’ensemble des bâtiments de l’école !

L’équipe OGEC a vécu une belle synergie et c’est ce qui a rendu possible toutes ces améliorations.

Bien sûr, j’ai surtout eu la joie de me sentir utile, d’être entourée d’une équipe enseignante qui fonctionne bien et de personnels heureux de venir travailler chaque matin.

Le bonheur également d’accueillir des enfants réfugiés irakiens, l’accompagnement des AVS (auxiliaires de vie scolaires) et le sourire de tous les enfants

Où serez vous en septembre prochain ?

Ce sera un retour aux sources, en quelque sorte, puisque nous réintégrons la région parisienne !

Nos filles sont maintenant sur Paris et je vais prendre la direction de l’école Jean XXIII, à Ivry sur Seine.

C’est un établissement dont la taille est comparable à Sainte Marie et je vais pouvoir réaliser un rêve : aller travailler en vélo !

Dans l’immédiat, vous vous préparez au déconfinement ?

Oui,  nous y travaillons activement et tout sera prêt pour l’accueil des enfants, dans le respect du protocole sanitaire.

Les jeunes et nous-mêmes allons vivre l’école autrement, mais nous irons de manière progressive ! Cela oblige à être inventif et créatif, ce qui est vivifiant !

Ce sera la reprise d’un « nouveau » mode de vie avec, pour priorité, la sécurité de tous.

Un dernier mot ?

Je vais partir avec beaucoup d’émotion et quitter Sainte Marie avec tristesse … mais contente du chemin parcouru.

Je vais veiller à une belle passation pour que la personne qui va me succéder, et dont la nomination ne saurait tarder, vive d’aussi belles choses que celles que j’ai vécu dans cette école.

Propos recueillis, au téléphone, par Catherine PHILIPPE