Méditation 13 du père josé

 

« La Bible n’encourage pas à l’oisiveté. Elle nous invite à la contemplation ! « 

 

La vie est un trésor constitué d’une multitude d’éléments. Parfois, cette accumulation est telle qu’elle devient épuisante, que nous ne nous sentons plus capable d’assumer tout ce que nous avons à faire. Il faut dire que la période que nous avons traversé et que nous continuons à traverser, n’a pas, loin s’en faut, arrangé les affaires ! Beaucoup d’entre nous sont, aujourd’hui, fatigués physiquement, moralement et n’aspirent plus qu’à un repos bien mérité…

Lorsqu’un tel épuisement nous touche, nous pouvons nous reposer sur le cœur de Jésus dans la prière. Il nous aide alors à porter ce poids, à faire face à nos difficultés : « Seigneur, je viens vers toi chargé de fatigue. Vois comme il m’est difficile de porter tout ce qui fait mon quotidien et entends ma prière. Tu as dit que tu soulagerais tous ceux qui viennent à toi avec leur fardeau. Je crois en ta promesse. Tout ce qui me pèse, je te le confie. Seigneur, accorde-moi un vrai repos, la paix intérieure, que je puisse vivre avec joie et sérénité. Je te prie aussi pour tous ceux qui sont face à leurs limites. Accompagne-les dans leurs épreuves, afin qu’eux aussi puissent goûter à la joie que tu promets. Seigneur, rends notre fardeau léger, montre-nous le chemin que tu veux pour nous aujourd’hui… »

 

En ce qui me concerne, j’aime aussi méditer ce passage de la Parole de Dieu, tiré du livre du prophète Isaïe. Il me redonne de l’énergie et me remet en selle quand le besoin s’en fait sentir : Il rend des forces à l’homme fatigué, il augmente la vigueur de celui qui est faible. Les garçons se fatiguent, se lassent, et les jeunes gens ne cessent de trébucher, mais ceux qui mettent leur espérance dans le Seigneur trouvent des forces nouvelles ; ils déploient comme des ailes d’aigles, ils courent sans se lasser, ils marchent sans se fatiguer (Isaïe 40, 29-31).

 

Par ailleurs, ne l’oublions jamais, la Bible nous encourage au repos. En effet, après la Création, dit la Genèse, Dieu se repose. « Et Dieu vit que cela était bon ! Ce fut le septième jour, et il se reposa ! ». La chose est dite dès la toute première page de la Bible, comme pour apprendre aux hommes à vivre, peu à peu, à la manière de Dieu.

Oui, Dieu crée l’homme à son image, pour qu’il apprenne à vivre de même. Qu’il apprenne à vivre au tempo de Dieu. Et soir et matin, arrive le septième jour. Au septième jour, Dieu contemple l’œuvre de ses mains, apprenant à l’homme à faire de même : à reconnaître l’œuvre de Dieu réalisée par ses propres mains. « Et Dieu vit que cela était bon ! »

Et l’homme apprend à voir de même. Il lui faut le temps de ce sabbat, le temps du septième jour, du jour sans œuvre, ni travail autre que de contempler l’œuvre donnée par Dieu. Viendra alors, après ce sabbat, le huitième jour, qui est comme un premier jour, le temps d’une œuvre marquée du signe de la résurrection, du petit matin de Dieu, de sa vie, de son rayonnement. Pour le disciple de Jésus, le chant de la création porte en effet la marque du matin de la résurrection où tout est recréation. La résurrection de Jésus illumine le temps, le bénit, le marque de la présence lumineuse de Dieu, invitant l’homme à vivre à un autre rythme : celui de Dieu.

Le temps du repos est dès lors ce temps nécessaire à l’homme pour s’asseoir. Pour apprendre à contempler, à voir autrement, à reconnaître la beauté de l’œuvre de Dieu passée par nos mains. Nos mains se déprennent alors du présent, le temps se déprend de lui-même, pour laisser l’homme libre, à l’image de Dieu.

La Bible n’encourage pas à l’oisiveté, jamais ! Mais à la contemplation ! Elle rappelle que le temps de l’homme est marqué de l’encoche de la grâce, de la gratuité, de la beauté, de la présence de Dieu. Et elle invite doucement l’homme à le reconnaître.

Père José+