Le Rosaire

Redécouvrir la richesse et la beauté de la prière du Rosaire !

Notre Pape François vient de proposer à tous les fidèles, en ce mois de mai et dans la situation d’épreuve que le monde connaît, de prier quotidiennement le chapelet (https://fr.zenit.org/articles/mois-de-mai-redecouvrir-le-chapelet-en-famille/).

Ce peut être l’occasion, pour chacun de nous, de redécouvrir la très grande richesse de cette prière, dont saint Jean Paul II disait, pour sa part :

« Le Rosaire est ma prière préférée. C’est une prière merveilleuse. Merveilleuse de simplicité et de profondeur (….). Que de grâces n’ai-je pas reçu de la sainte Vierge à travers le Rosaire au cours de ces années… ! » (JP II, « Le Rosaire de la Vierge Marie », n° 2 »).

D’où vient la richesse et la fécondité de cette manière de prier ?

I – Le Rosaire est une prière qui nous permet de contempler le Christ, avec l’aide maternelle de Marie, en tout ce qu’Il a vécu pour nous et qui nous est transmis par les évangiles.

La coutume s’était développée, dès le 12e siècle, dans les milieux monastiques et chez les frères convers (qui étaient illettrés), de se tourner vers la Vierge Marie en lui redisant 150 fois (ou trois fois cinquante fois), avec amour, et à la place des psaumes, les paroles que l’Ange Gabriel et qu’Elisabeth, sa cousine, lui ont dites à l’Annonciation (cela constitue la première partie de notre actuel : « Je vous salue Marie.. »).

Plus tard, au début du 15e siècle, Dominique le Chartreux (de la chartreuse de Trèves) eut l’inspiration de joindre à ces louanges adressées à Marie, 50 passages de l’Évangile relatifs à des évènements de la vie de Jésus. Cela donnait par exemple, pour l’institution de l’Eucharistie :

« Réjouis-toi, Marie, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. Tu es bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de tes entrailles, qui, à la dernière Cène, institua le sacrement de son Corps et de son Sang, est béni ».

Chaque jour, Dominique prenait une heure pour méditer ainsi tous les évènements principaux de la vie du Christ. Cette manière de prier, basée sur l’évangile et le visage du Christ, est apparue très féconde à son prieur (Dom Adolphe Hessen), qui l’a propagée dans les divers milieux monastiques et religieux de toute l’Europe de l’époque.

Par la suite, Alain de la Roche (15e siècle), puis Albert de Castello (16e siècle), ont vulgarisé cette manière de prier en la proposant au Peuple Chrétien, mais avec cette nouvelle forme que nous lui connaissons toujours aujourd’hui, à savoir celle constituée par les « dizaines » et « les 20 mystères de la vie du Christ » qui leur sont associés. Cette forme a été officialisée par le Pape saint Pie V (1572 +), puis complétée par saint Jean Paul II, avec l’ajout des « mystères lumineux ».

Le Pape Paul VI rappelait ainsi que la récitation des « Je vous salue Marie » réclamait d’être intimement reliée à la méditation des mystères du Christ, le Rosaire étant en effet avant tout une prière « contemplative » :

« La récitation des «« je vous salue Marie » sans la contemplation des mystères est comme un corps sans âme » (Paul VI, « Le culte de la Vierge Marie », n° 47, 1972).

II – Marie est celle qui peut le mieux nous aider à être unis à Jésus :

A travers la répétition aimante et répétitive des « Je vous salue Marie » nous entrons peu à peu dans une communion profonde avec la Vierge Marie et nous lui donnons la possibilité de nous communiquer son propre regard de foi et d’amour sur son Divin Fils. Comme l’écrivait Jean Paul II :

« Personne, mieux qu’elle, ne connaît le Christ : nul autre que sa Mère ne peut nous faire entrer dans une profonde connaissance de son mystère » (« Le Rosaire de la Vierge Marie », n°14).

Nous touchons là le sens profond de la place de Marie dans le mystère de l’Eglise : Elle nous est donnée comme Mère par Jésus pour nous aider à Lui être de plus en plus unis, comme elle-même Lui a été unie, dans la foi et dans l’amour. Par la prière du Rosaire, nous nous tournons avec Elle vers Jésus, pour qu’elle nous aide à mieux le connaître et à mieux l’aimer.

Ces mystères vécus par Jésus, de son incarnation à son entrée dans la Gloire, deviennent alors de plus en plus sources de vie pour nous ! Nous pouvons toujours plus véritablement dire, à la suite de saint Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20).

III – La deuxième partie du « Je vous salue Marie » est apparue plus tard, à la fin du 15e siècle :

Cette deuxième partie du « Je vous salue Marie » est une supplication adressée à Celle qui est la Mère de Dieu et notre Mère, et qui nous permet de lui présenter toutes nos demandes. Elle peut alors joindre sa propre prière, toute puissante sur le cœur de son divin Fils, à notre propre prière, et nous obtenir le meilleur de ce que Dieu veut nous donner : l’Esprit Saint, et toutes grâces nécessaires à notre salut, et à celui de nos frères. Elle veille maternellement sur nous en tous nos besoins.

Elle aime à ce que nous la prions particulièrement pour la Paix dans le monde (Fatima), pour la conversion des pécheurs (Lourdes), pour tous les besoins de nos familles.

En réponse à l’invitation de notre Pape François, redécouvrons ensemble la profondeur de cette prière du Rosaire, pour que le Christ, mort et ressuscité pour nous, puisse nous communiquer sa Paix, et la communiquer au monde entier, à la prière de Celle qu’il nous donne pour Mère !

Une excellente présentation de la manière de prier le chapelet est accessible sur le site suivant : https://www.prierlechapelet.com/pages/comment#listemysteres/

À noter : l’intégration des « clausules » (le site cité ci-dessus explique ce qu’elles sont) peut aider à accéder plus facilement à la dimension contemplative du Rosaire !

Bien fraternellement à vous.

Père Philippe Marchand +