La vie monastique à l’heure du confinement

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               La vie monastique à l’heure du confinement…

 

 

«  La solitude est une qualité de l’âme d’abord, et l’ermitage, on le contient en soi avant d’être contenu par lui »  Saint Charbel + 1898

                   

Près de Nemours, en pleine forêt, au milieu des bouleaux et des pins, au cœur d’un chaos de rochers et de sable, parmi les bruyères, se cache le monastère Notre Dame de Bethléem des sœurs de Poligny…

24 religieuses – de 41 à 88 ans – y vivent, en communion fraternelle, une vie de solitude placée sous la paternité spirituelle de saint Bruno.

(NB : La famille monastique de Bethléem, de l’Assomption de la Vierge et de saint Bruno, fondée en 1950, est composée de deux branches : celle des moniales qui regroupe 29 monastères dans 15 pays et celle des moines qui compte 3 monastères dans 3 pays)

En dehors du chapitre qui se réunit le samedi et du repas communautaire le dimanche, suivi d’un temps de rencontre fraternelle et d’une promenade, chacune des moniales vit, prend ses repas, travaille, prie et étudie la parole de Dieu dans sa cellule.

Les offices liturgiques rythment la journée en sept moments : cinq sont célébrés dans la solitude de l’ermitage et deux sont chantés ensemble dans l’église du monastère : l’office des Matines, suivi des Laudes et les Vêpres…

L’Eucharistie quotidienne est, en général, célébrée à la suite de l’un de ces offices (qui sont ouverts au public).

En temps normal (hors covid), les sœurs accueillent tous les pèlerins (individuels, groupes ou familles) qui le désirent, pour un temps de retraite silencieuse : de nombreux prêtres parisiens, en particulier, viennent chercher ici un espace de ressourcement.

Dans le magasin qui se trouve sur place, on peut acheter les nombreux produits de leur artisanat : icônes véritables, faïences décorées, statues religieuses d’inspiration romane ou gothique et dans un style plus contemporain, livres, confitures, biscuits et chocolats etc…

Depuis plus d’un an, la pandémie touche durement le monastère : onze religieuses ont été malades (l’une d’elle a dû être hospitalisée), avec pour conséquence un long isolement de l’ensemble de la communauté, les autres moniales étant toutes « cas-contacts ».

Ajoutés aux mesures gouvernementales, ces confinements successifs et prolongés ont entrainé un arrêt brutal et total de l’accueil extérieur, ainsi que la fermeture de la boutique.

Les expositions, habituellement destinées à faire connaître et à commercialiser les produits de l’artisanat monastique ont toutes été annulées (sauf une l’été dernier) notamment celle de Fontainebleau…

Pour la communauté, comme pour toute TPE ou PME, la crise actuelle a entrainé une période de carence économique grave car l’accueil du public et le vente de produits artisanaux leur permettait de faire vivre la communauté.

L’absence de ressources financières met fort à mal le monastère de Poligny, et les deux religieuses souriantes qui me reçoivent en toute simplicité, évoquent avec discrétion et pudeur, la difficulté à honorer les factures, concernant les charges fixes, liées aux bâtiments notamment…

Si le confinement est une épreuve en ce qui concerne les célébrations et la vie commune, ce temps « entre parenthèses » est également une opportunité de retrouver l’essentiel, de renouer avec un certain équilibre, de se centrer sur les valeurs fondamentales :

« Vivre ce confinement, c’est être replongées au cœur de notre vocation.

Pour nous, moniales, c’est une qualification de vie ! »

 « Nous sommes conscientes de la chance folle que nous avons d’avoir un prêtre confiné sur place avec nous, ce qui n’a pas été le cas pour toutes les communautés. »

 « Nous avons vécu la Semaine sainte et la fête de Pâques, dans une sorte de solitude inhabituelle, car, l’église est traditionnellement bondée pour ce sommet de l’année liturgique et il nous a manqué de sentir la présence du peuple de Dieu, car il n’y avait personne aux offices ! »

 

Mais dans la prière quotidienne, les sœurs vivent ce confinement en communion profonde avec les familles, amis et amies, proches… et l’humanité en souffrance, partagée entre doute et espérance.

Solitaires, mais profondément solidaires !

« La surcharge des hôpitaux nous interpelle aussi, et nous portons également les difficultés de certaines familles, notamment celles qui souffrent de tensions ou sont marquées par la violence… »

 « Pour ce qui est de notre vie profonde, le ralentissement de nos activités nous donne davantage l’espace de vivre pleinement notre vocation et avec une qualité de relations entre nous que nous permet ce temps retrouvé : par exemple, la communauté a repris totalement en charge l’une de nos sœurs, hémiplégique (qui ne peut plus, ces derniers mois, bénéficier des aides apportées par les auxiliaires de vie extérieures) …

 Propos recueillis par Catherine PHILIPPE

 Pour aider les moniales : on peut faire un don directement ou en passant par la Fondation des Monastères (déductible des impôts) destiné au monastère de Poligny > voir le site internet … et/ou se précipiter à la boutique d’artisanat monastique dès qu’elle rouvrira (selon les consignes gouvernementales)