CCFD – Carême 2019

 

A l’occasion du carême,  le CCFD-Terre Solidaire propose une démarche spirituelle et un appel à la solidarité autour du thème : « Pour vaincre la faim, devenons semeurs de solidarité »

«Voilà le Carême»

par Monseigneur Michel Dubost, évêque accompagnateur du CCFD-Terre Solidaire :

 

Comment vivons-nous notre Carême ?

Comme les sportifs s’entraînent pour devenir compétitifs, le Carême est un entraînement à suivre le Christ dans sa Pâque. Dans le don total de soi-même. Dans le vide de la mort pour recevoir le plein de la résurrection. Faire le vide intérieur… au point de ne plus s’occuper de soi et d’avoir faim. Faim de Dieu. Faim de l’autre. Contempler le Christ et vouloir le suivre. L’entendre dire « J’ai faim »… « j’ai soif ». Entendre la voix du Christ dire « j’ai faim » par les 821 millions de personnes qui, dans l’humanité d’aujourd’hui, ne mangent pas à leur faim. Dans notre société, qui même si elle est rude, ne connaît pas la faim, se faire pauvre, sortir de son confort pour entendre le cri des affamés. Entendre et se laisser toucher. Nous ne sommes pas le Bon Dieu, nous ne pouvons pas tout faire. Mais nous pouvons faire quelque chose. Depuis plus de 50 ans, les mouvements de l’Église catholique en France et les évêques ont décidé de nous proposer de faire quelque chose… et c’est pour cela qu’ils ont créé le CCFD-Terre Solidaire et invitent à participer à la quête de Carême : le CCFD-Terre Solidaire est un organisme qui permet de rassembler les prières, les volontés et les dons afin de rendre ceux-ci efficaces. Efficaces parce que fraternels. Le CCFD-Terre Solidaire ne distribue jamais l’argent directement : il sait que la main qui donne est toujours au-dessus de celle qui reçoit. Il y a une manière de donner qui humilie ou infantilise. Le CCFD-Terre Solidaire a opté pour le partenariat : il devient partenaire et soutient dans leur action contre la faim des associations locales et des diocèses : ainsi il les valorise et leur permet d’agir. Voilà le Carême. Faisons en sorte d’être heureux d’entendre le Christ nous dire : « j’avais faim et vous m’avez donné à manger ».

Campagne de Carême du CCFD-Terre Solidaire

1er dimanche : Devenons semeurs de Paix

La guerre, principale responsable de la faim dans le monde

Sur les 821 millions de personnes souffrant de la faim dans le monde, 489 millions vivent dans les pays en conflit (60 %).

La guerre reste aujourd’hui l’une des principales causes des crises alimentaires. Elle prive les populations de leurs moyens de subsistance (terres, récoltes, pêche) ; les oblige à fuir les combats et les violences, à se réfugier dans des pays voisins où elles sont parfois accueillies dans des camps ; empêche la circulation des marchandises sur des routes devenues impraticables et bloque l’acheminement de l’aide humanitaire. Le nombre d’enfants et de femmes est particulièrement élevé dans ces populations déplacées pour qui la faim reste une souffrance quotidienne. La paix est la condition première pour rétablir la sécurité alimentaire dans ces pays.

 

Avec le CCFD- Terre Solidaire, construire la paix par l’éducation

Le CCFD-Terre Solidaire apporte son soutien à des organisations partenaires qui œuvrent pour la cohésion de la société civile et la préservation de la paix. Créée en 2001, l’organisation libanaise Naba’a s’efforce ainsi de donner aux enfants, aux femmes et aux jeunes vivant dans des communautés marginalisées, en particulier de réfugiés syriens et palestiniens, les moyens de grandir, de se développer et de réaliser leur potentiel dans un environnement sain et sûr.

 

2e dimanche : Devenons semeurs de Fraternité

L’agro-industrie ruine les paysans

Partout dans le monde, en Asie, en Amérique du Sud, en Afrique, des géants de l’agro-industrie et des multinationales accaparent les terres des paysannes et des paysans pour développer des monocultures (soja, palmiers à huile…) en vue de l’exportation. Privés de leurs terres, ils ne sont plus capables de nourrir leur famille. Le développement de cultures destinées à la production d’agro-carburants détourne des champs de maïs, de canne à sucre, de betterave… des marchés alimentaires locaux. 60 % du marché des semences est dominé par quatre entreprises internationales. Elles imposent leurs semences modifiées au détriment des semences locales menaçant la variété des cultures et la richesse nutritive des productions agricoles.

Avec le CCFD-Terre Solidaire, encourager l’agriculture familiale et l’agro-écologie

Pour le CCFD-Terre Solidaire, un changement de modèle est possible. Dans de nombreux pays, l’association encourage l’agro-écologie, un modèle agricole respectueux de l’écologie et du bien commun, plus fraternel. En Colombie, pour lutter contre la pauvreté et assurer la souveraineté alimentaire des paysans, l’IMCA (l’Institut majeur paysan) développe l’agriculture familiale et l’agro-écologie. Sur le plan organisationnel et politique, l’IMCA contribue à revaloriser le rôle des femmes. Considérées comme des « semeuses de vie », elles sont capables de conquérir des espaces d’autonomie, d’expression, de vote et de générer des ressources pour la famille et pour l’association.

3e dimanche : Devenons semeurs de Justice

La spéculation affame les plus vulnérables

En 2008, la flambée des prix des produits agricoles et des denrées alimentaires de première nécessité provoque des émeutes de la faim dans de nombreux pays. Depuis ces crises, les prix des produits alimentaires n’ont cessé d’augmenter. Blé, riz, soja, maïs… sont devenus objets de spéculation par des investisseurs de tout bord. Les terres ne sont plus cultivées pour nourrir, mais procurer des bénéfices.

Nos sociétés ne sont pas épargnées par les effets de l’agro-industrie. Elles souffrent d’une consommation excessive de produits saturés en graisses, en sucres, en sel, en additifs chimiques. La société de consommation entretient aussi le gaspillage.

Avec le CCFD-Terre Solidaire, agir pour l’interdiction de la spéculation financière sur les matières premières agricoles et la régulation des marchés.

Dans plusieurs pays, le CCFD-Terre Solidaire agit avec des partenaires locaux pour mettre en place ou défendre des lois foncières capables de préserver les intérêts des paysans.

Au Mali, la CMAT mène des actions sur le terrain et sur un plan administratif et juridique. Le mouvement mène aussi des actions de formation à l’agro-écologie dans les villages. Mais cette lutte, la CMAT ne la mène pas seulement au Mali : en 2018, sa 2e « Caravane » a traversé toute l’Afrique de l’Ouest afin de sensibiliser et de mobiliser les paysannes et les paysans autour de questions essentielles : l’accès aux terres, à l’eau, aux semences, la défense de l’agriculture familiale et les droits des femmes.